Monsieur Ermest MARTINEAU par son descendant Alain CAYER

Suite à la parution de l'article succinct concernant Mr MARTINEAU Ernest, Monsieur Cayet, un de ses descendants a gentillement accepté de s'exprimer ici. Il nous apporte des renseignements sur ce villeneuvois méconnu ; un grand merci à vous Monsieur Cayet pour votre participation.

 

INTRODUCTION A L'OEUVRE D'ERNEST MARTINEAU QUI SERA PUBLIÉE, PUIS PEUT-ETRE ÉDITÉE PAR L'INSTITUT COPPET

Découvrir Ernest Martineau, le libéral oublié (1844-1905), c'est retracer, à travers plusieurs de ses illustres contemporains, 40 ans de sa vie active et quelle vie !

De sa licence en droit à sa thèse de doctorat, de l'agrégation générale à la direction d'une école de notariat, l'avocat à la cour impériale, le juge à Niort, à Rochefort puis à La Rochelle (Président du tribunal), quel « droit » chemin parcouru pour ce fils de viticulteur de Villeneuve-la-Comtesse !

On peut d'ailleurs le comparer à Jaurès, lui aussi provincial et proche des paysans et des ouvriers, lui aussi apôtre de la paix, lui aussi soucieux de l'éducation des enfants et de l'avenir de l'humanité …

Mais la divergence avec le leader socialiste (comme avec le fondateur du collectivisme, Karl Marx) est énorme et irréductible, elle porte un très grand nom issu de la Révolution : LIBERTÉ  (liberté du travail,  libre concurrence ...) et appelle en réponse, de la part d'Ernest Martineau, un aussi grand NON, catégorique et absolu !

Non à tout ce qui peut l'altérer tant soit peu  et donc non au socialisme : « Au-dessus du suffrage universel, de la volonté arbitraire et du caprice des majorités, il y a la liberté de l'homme et du citoyen, et si un homme n'a pas le droit d'attenter à la liberté d'un autre homme, 100 millions d'hommes n'ont pas davantage ce droit. » (Liberté et Socialisme, 1899)

Non, car « Tout système contraire au libre-échange, c'est-à-dire à l'échange libre, est un attentat à la liberté ... » (L'agriculture et l'industrie devant la législation douanière, 1881) 

On pourrait encore ajouter cette phrase, pour démontrer que ce credo, cette obsession pourrait-on même dire, se confond depuis toujours avec sa personne : « Justice, c'est-à-dire respect de la liberté et de la propriété dans la loi, - fraternité dans les mœurs. » (Cours public et gratuit de législation, 1876)

Il faut bien évidemment, dans ce contexte, saluer l'heureuse décision de l'Institut Coppet : celle de publier progressivement -car « C'est seulement avec l'aide du temps que la lumière se produit ... que l'humanité … reprend peu à peu possession de la Liberté.» (Domaine de la loi et de ses limites, 1876- les écrits et ouvrages d'Ernest Martineau, initiative qui a débuté en 2016 par la diffusion de l'article paru dans le Journal des Économistes de 1900, intitulé «Les contradictions du socialisme ».

Ainsi paraît maintenant, dans les colonnes de sa revue, outre la notice biographique de Fernand Vatin de 1906, une suite cohérente, également de 1900, relative -encore- au socialisme, confronté cette fois-ci aux principes de la révolution de 1789.

Que cet homme, dont on a dit que son cœur était au niveau de sa belle intelligence, soit connu et reconnu, quelle satisfaction car sa pensée est universelle, curieusement actuelle, et donc riche en « valeur » économique !


Alain Cayer

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